[Critique] Spring Breakers

Affiche Spring Breakers

« Un déchainement trash pas si superficiel »

Résumé Allociné : Pour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois d’enfer, elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile…

Très ancré dans la culture américaine, le spring break désigne la période durant laquelle les étudiants prennent du bon temps après les examens. Un moment de détente propice aux excès en tous genres. Cette image sulfureuse, associée à la promo racoleuse de Spring Breakers, laissait craindre le pire : un film fun et voyeuriste ayant bénéficié du buzz centré sur le dévergondage de deux actrices estampillées Disney et adulées par les adolescentes (Vanessa Hudgens, star de la trilogie High School Musical et Selena Gomez). Pourtant, ce Spring Breakers n’est pas le teen movie cool que la promo laissait croire. Le but n’est pas non plus de s’extasier devant des nanas à moitié nues et c’est tant mieux. Le film est une agréable surprise dont le propos ne se résume pas au triptyque sea, sex and sun mais retrace l’histoire d’une descente aux enfers glauque, loin de l’image festive du Spring Break. Pas vraiment le genre de film destiné aux adolescentes biberonnées à Hannah Montana !

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 Sous ses apparences provocantes, il est plus intéressant qu’il n’y parait. A travers le parcours de ces personnages qui avaient envie d’autre chose, Harmony Korine évoque le malaise d’une génération en mal de repères. Une certaine mélancolie et un désenchantement, que tous les jeunes spectateurs ne seront peut-être pas à même de saisir, planent sur une œuvre pas aussi creuse qu’elle en a l’air et qui, en filigrane, encourage les jeunes filles à ne pas vouloir grandir trop vite. Un constat à mille lieux du leitmotiv répété tout au long de l’histoire par Alien, adepte du « spring break pour toujours » et autres « du fric et des petits culs, c’est ça la vie ». Mention spéciale pour James Franco, qui livre une prestation antipathique et ambigüe au possible : menace permanente au dessus de la tête des quatre copines, il parviendra à les utiliser sans jamais leur forcer la main.

Une réalisation inspirée

Spring Breakers met ainsi en scène quatre jeunes filles désireuses de tenter des expériences et de repousser leurs propres limites sans avoir la maturité nécessaire. Ce décalage, illustré par le port d’un sac à dos ourson lors de la planification d’un braquage ou les coups de téléphone réguliers aux mères et grands-mères, suscite l’empathie à l’égard d’héroïnes coincés entre deux âges. Terrifiées par l’engrenage dans lequel elles sont prises, certaines feront le choix de tout arrêter quand d’autres atteindront le point de non retour. Même si cette violence et l’omniprésence de sexe peuvent déranger certains spectateurs, ce qui met le plus mal à l’aise est l’absence de limites des personnages parce qu’elle nous renvoie à nos propres inhibitions.

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Cette quête destructrice est exacerbée par un montage hypnotique très clipé et une esthétique léchée, usant et abusant de néons et de couleurs fluo. Le film d’Harmony Korine est un véritable ovni avec de vraies idées de scénario et de mise en scène. Tout est histoire de décalage, à l’image de cette incroyable scène de braquage sur la berceuse « Everytime » de Britney Spears. Une référence loin d’être anodine : Britney, icône pop et symbole par excellence de la baby star Disney propulsée devant les projecteurs (ça ne vous rappelle personne ?) sera broyée par le système qui l’avait portée aux nues.  Avec Spring Breakers, Harmony Korine a signé un film sur le choix face au pouvoir d’émulation d’un groupe et la quête de soi. Vivement la version avec Justin Bieber et les Jonas Brothers …

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Spring Breakers, de Harmony Korine, avec James Franco, Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson, Rachel Korine… 1h32, Américain. Interdit aux moins de 12 ans.

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