[Critique] No

Affiche No

« Une page d’histoire affadie par sa réalisation vintage »

Résumé Allociné : Chili, 1988. Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale, consent à organiser un référendum sur sa présidence, les dirigeants de l’opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, de concevoir leur campagne. Avec peu de moyens, mais des méthodes innovantes, Saavedra et son équipe construisent un plan audacieux pour libérer le pays de l’oppression, malgré la surveillance constante des hommes de Pinochet.

Difficile d’appréhender le nouveau film de Pablo Larrain tant il comporte d’idées à la fois sur la forme et sur le fond. Le réalisateur l’a conçu comme la conclusion d’une trilogie sur la dictature chilienne commencée avec Tony Manero (2008) et Santiago 73, Post Mortem (2010). L’histoire et le contexte historique dans lequel elle se situe sont passionnants. Le général Pinochet est à la tête du Chili depuis 14 ans et le coup d’Etat ayant mis fin à la présidence de Salvador Allende, le pays est dirigé par une dictature militaire. Le décor est planté pour accueillir une histoire de bouleversement politique et de révolte comme l’aime tant le cinéma, avec en trame de fond les heures sombres de la dictature de Pinochet, ses milliers de morts et de disparus et ses nombreux cas de torture. Sauf que, cas exceptionnel dans l’Histoire, c’est par les urnes que le peuple se soulève et la dictature prendra fin grâce au processus démocratique. Pourtant, Pablo Larrain ne place pas sa caméra dans la rue, du côté de la population, mais choisit de suivre la campagne électorale qui précède le référendum. Une campagne dépendant de  l’utilisation du temps d’antenne quotidien et confiée dans le camp du « Non » à un publicitaire.

Photo No 2

Photo No 3

L’originalité du film réside dans la transposition des méthodes publicitaires à la politique, avec humour et légèreté. On suit donc le processus créatif, des premiers brainstormings jusqu’à la réalisation des spots télévisés et à l’adoption du fameux slogan No, d’une simplicité désarmante pour faire barrage à la dictature. Lorrain livre au passage une belle analyse sur le pouvoir de la télévision comme outil de propagande, la manipulation de l’information et l’importance de savoir décrypter les images. Mais cette réflexion est atténuée par une réalisation plombante et peu rythmée. Si l’élaboration de la campagne publicitaire est intéressante, la campagne électorale en elle-même l’est beaucoup moins. Cette lutte pour la démocratie ne suscite jamais de vraie tension dramatique et le manque de rebondissements cède la place à un profond ennui.

Photo No

Soucieux de restituer l’esthétique des publicités de l’époque, Pablo Larrain a utilisé des caméras datant des années 80. Un procédé censé flouter la frontière entre la fiction et les images d’archives. Si cette volonté est la bonne idée du film et le rend plus réaliste, il en résulte une image plutôt laide au grain très particulier, oscillant entre la telenovela ringarde et le documentaire. La campagne référendaire a duré un mois… il semblerait que le film aussi.

No, de Pablo Larrain, avec Gael Garcia Bernal, Antonia Zegers, Alfredo Castro, Luis Gnecco … 1h57, Chilien.

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