[Critique] Flight

Affiche Flight

« Un cas juridique passionnant alourdit par sa morale religieuse »

 

Après trois films en performance-captureLe Pôle Express (2004), La Légende de Beowulf (2007) et Le Drôle de Noël de Scrooge (2009) – Flight marque le retour de Robert Zemeckis à la réalisation traditionnelle. Comprenez, en prises de vues réelles. Le réalisateur a choisi de s’attaquer à un problème juridique et un cas de conscience passionnants : un pilote ivre ayant limité les pertes humaines lors du crash de son avion est-il un héros ou un coupable ? Qui punir dès lors que le crash n’est pas lié à son état ?

Flight 2

Flight s’inscrit ainsi dans des genres profondément ancrés dans le cinéma américain : le film de procès, le film de super-héros et le film catastrophe. La scène du crash, l’une des plus impressionnantes vues au cinéma, est très réussie et particulièrement anxiogène grâce à des plans d’une grande puissance visuelle. C’est malheureusement la seule réussite du film. Le personnage incarné par Denzel Washington, lui, ne suscite jamais d’empathie. Pire, il est présenté dès le début comme quelqu’un de profondément détestable et irresponsable, buvant et se droguant avant le décollage. Le procédé provoque un certain malaise en faisant du public le complice et le témoin silencieux de ce comportement.

flight hôtesses

L’histoire de cet homme luttant contre ses démons et enfermé dans son mensonge avait pourtant de quoi émouvoir. Elle est qui plus est inspirée de celle du pilote canadien Robert Piché qui, en 2001, avait fait atterrir son Airbus A330 sans moteurs et après 20 minutes de vol plané, sauvant tout les passagers. Un journaliste révélera plus tard son passé de transporteur de drogue. Mais cet antihéros trop lisse, trop mauvais, trop caricatural, ne trouvera jamais grâce aux yeux du spectateur – peut être parce que le réalisateur n’explique pas l’origine de son alcoolisme. Rien ne sera fait pour le racheter, même si le dénouement a cette vocation. Un tel parti-pris dessert le film en empêchant tout attachement au personnage. L’autre point noir est le discours religieux omniprésent et la référence constante à la volonté divine. Un excès de dévotion qui finit par agacer.

Flight, de Robert Zemeckis, avec Denzel Washington, Don Cheadle, Kelly Reilly, John Goodman… Américain, drame. 2h18.

Résumé Allociné : Whip Whitaker, pilote de ligne chevronné, réussit miraculeusement à faire atterrir son avion en catastrophe après un accident en plein ciel… L’enquête qui suit fait naître de nombreuses interrogations… Que s’est-il réellement passé à bord du vol 227 ? Salué comme un héros après le crash, Whip va soudain voir sa vie entière être exposée en pleine lumière.

 

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