[Critique] Man of Steel

Affiche Man of Steel

« Une relecture du mythe en demi-teinte »

Résumé Allociné : Un petit garçon découvre qu’il possède des pouvoirs surnaturels et qu’il n’est pas né sur Terre. Plus tard, il s’engage dans un périple afin de comprendre d’où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais il devra devenir un héros s’il veut sauver le monde de la destruction totale et incarner l’espoir pour toute l’humanité.

Critique :

Trente-cinq ans après la sortie du premier film et pour effacer le flop de Superman Returns, la dernière adaptation des aventures de l’homme d’acier, Warner a décidé de revenir aux origines de Superman avec un reboot – comprenez une nouvelle version de l’histoire en la reprenant à zéro –  de la saga culte mais désormais complètement kitsch. Clark n’est pas encore journaliste, point de Lex Luthor ou de Kryptonite ici. Confiée à Zack Snyder, qui s’attaque une nouvelle fois au film de super-héros après avoir abordé le thème dans Watchmen, cette nouvelle mouture était précédée d’une attente monstre. Le réalisateur, parmi les plus doués de sa génération, livre finalement un film assez inégal, qui a de quoi séduire mais peine à convaincre totalement.

MAN OF STEEL

Dans la lignée des reboots de sagas Hollywoodiennes comme les Batman de Christopher Nolan ou le Amazing Spider-Man de Marc Webb, Man of Steel propose une relecture du mythe plus ancrée sur la psychologie du personnage de Clark, la découverte de ses origines et son ressenti. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’on retrouve Nolan en tant que producteur et scénariste ici : l’influence est évidente. Snyder s’attache à la personnalité et au parcours de son héros en tant qu’humain, entouré par la présence de deux figures paternelles – Russell Crowe et Kevin Costner, parfaits -, à travers des flashbacks disséminés tout au long du film. On découvre ainsi un super-héros plus réaliste et plus crédible, mélange de force tranquille et de fragilité terriblement humaine.

MAN OF STEEL

La première partie de Man of Steel, empreinte d’une certaine nostalgie, met intelligemment à distance les traditionnels ingrédients du genre et se démarque des superproductions récentes grâce à un ton plus intimiste. La singularité du résultat fait mouche, la beauté, la sensibilité et l’émotion qui émanent de chaque plan prennent parfois à la gorge. Le tout est sublimé par la partition d’Hans Zimmer qui, bien qu’un peu pompière et répétitive, apporte à certaines scènes une ampleur réjouissante. Si le sens de l’esthétique du réalisateur et le soin apporté au visuel nous gratifient de quelques plans magnifiques, on peut cependant regretter de ne pas sentir la pâte de Snyder et ce qui fait son style. A l’image du slow-motion dont il est d’ordinaire adepte- cette façon de ralentir et de décomposer le mouvement -, technique totalement délaissée pour le film. Man of Steel aurait ainsi pu être mis en scène par un autre réalisateur, personne n’aurait vu la différence.

21010218_2013060416450315

Evidemment, la grande interrogation concernait la prestation d’Henry Cavill, cinquième acteur à se glisser dans les collants de l’homme d’acier et forcément attendu au tournant. Le comédien, vu dans la série historique Les Tudors, relève le défi haut la main. Il est tout simplement parfait dans le rôle et le duo qu’il forme avec Amy Adams, convaincante Loïs Lane, fonctionne plutôt bien. Conscient de la force du matériau qu’il a entre les mains, Snyder sait jouer avec l’attente des spectateurs qui n’ont qu’une envie : voir le comédien dans la fameuse tenue rouge et bleue. Tout à son ambition de donner une seconde jeunesse au personnage, Snyder le cache pendant la première partie du film en développant l’intrigue sur Krypton plus que dans le film original, le présentant d’abord en vagabond un peu paumé et ne lui faisant enfiler son nouveau costume que plus tard. Une façon pour le réalisateur de déconstruire l’image du super-héros et de valoriser encore plus le mythe.

Man of Steel 4

Dommage cependant que le reboot tombe dans le piège du genre en sombrant vers le film de super-héros lambda, avec ses traditionnels affrontements apocalyptiques et ses scènes d’action pure, finalement assez lassantes. Dès que le film devient une succession de combats, l’intérêt s’atténue inexorablement et Man of Steel perd la singularité entretenue jusque là pour devenir un blockbuster semblable à tous les autres. A un détail près : le film joue de manière assez inattendue et discutable sur la représentation de Superman. Le héros est présenté comme une figure quasi-christique, âgé de 33 ans –comme le Christ au moment de sa mort – et apparait volant au dessus de l’armée les bras en croix, se posant en nouveau sauveur de l’Humanité. Le parallèle est assez lourd (de là à prétexter que c’était parce que le nouveau Superman était attendu par ses fans comme le Messie…).

Man of Steel 5

C’est là tout le paradoxe d’un film qu’on aurait voulu adorer mais qui nous laisse sur notre faim. Snyder aura l’occasion de se racheter puisque la suite du film est attendue pour 2015 et elle accueillera un invité de marque. Superman affrontera Batman, autre super-héros mythique de l’univers DC Comics. Christian Bale ayant annoncé son souhait de ne pas reprendre le rôle après trois films, tout Hollywood s’interroge pour savoir qui sera le nouveau visage du justicier de Gotham City. Il paraît que le Daily Planet est sur le coup…

Man of Steel, de Zack Snyder avec Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon, Laurence Fishburne, Russell Crowe, Kevin Costner… Action, aventure. 2h23, Américain.

Man of Steel 6

Avez-vous été convaincu par la prestation d’Henry Cavill en Superman?

Publicités

Note à Béné

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :