[Critique série] Coup de cœur : Real Humans – saison 1

Real Humans affiche

Dans un futur proche, il est devenu habituel de recourir à des robots humanoïdes, des hubots – contraction de « humain » et « robot » – pour effectuer toutes sortes de travaux. Qu’il s’agisse de tâches ménagères, de l’aide aux devoirs ou encore d’activités illégales, il existe un hubot pour satisfaire chacun de nos besoins. On en achète un au Hubot Marché comme on se procurerait un aspirateur ou un grille-pain avant de le configurer à l’aide du port USB situé sur sa nuque. Pas de budget nourriture à prévoir : leur alimentation est électrique et, comme toute machine, les hubots se rechargent en se branchant directement sur le courant. Mais leur existence ne fait pas l’unanimité et alors qu’une partie de la population refuse leur intégration, certains hubots ne sont pas aussi soumis qu’ils le devraient…

Créée par Lars Lundström, Real Humans (Äkta Människor en VO) est une série suédoise sur laquelle plane l’ombre d’Isaac Asimov. Sa diffusion sur Arte a été précédée d’un véritable buzz et pour cause : la série, passionnante, est une petite merveille d’anticipation reposant sur un univers d’une grande richesse crédibilisé par un souci du détail constant. Sans aucune tête d’affiche au casting – voire des acteurs parfois débutants- et avec un budget limité, elle réussit le tour de force de rivaliser avec les plus grandes productions américaines. D’une indéniable qualité, la série se distingue à la fois sur la forme et sur le fond grâce à une esthétique très soignée et un scénario original.

Real Humans 1

On suit en parallèle six histoires, d’abord indépendantes puis finissant par s’imbriquer les unes dans les autres. L’avocate Inger Engman est farouchement opposée à l’utilisation des hubots. Elle finit pourtant par accepter l’arrivée de Mimi au sein de son foyer, une présence qui aura des répercussions sur chacun des membres de sa famille. Elle doit en plus gérer son père, Lennart, placé sous la surveillance d’un hubot presque tyrannique après que son précédent hubot et ami, Odi, a montré des signes de défaillance.

De son côté, Roger, contremaître dans une usine et membre du mouvement Real Humans vit avec Bea. En tant qu’adepte de la mouvance 100% humains, il est contre l’utilisation des hubots par peur qu’ils ne finissent par dominer l’espèce humaine. Et il a toutes les raisons du monde d’être effrayé : son ex femme, Thérèse vit en couple avec son hubot, tout comme son amie Pilar. Les deux femmes doivent faire face aux préjugés d’une société pas toujours bienveillante à leur égard. Enfin, le mystérieux groupe des Enfants de David est composé de hubots indépendants, dotés d’un libre arbitre, qui vont et viennent comme bon leur semble sans que l’on connaisse réellement leurs intentions. L’un d’eux, Leo, est à la recherche de Mimi.

Real Humans 4

Dans cette première saison, l’intrigue avance très lentement mais prend ainsi le temps d’instaurer un véritable univers, complet et cohérent, et de présenter ses personnages. L’atmosphère, un peu froide, et l’apparente austérité de la série peuvent rebuter mais ces a priori sont vite balayés par la qualité du récit. Real Humans présente ainsi une société tellement fascinante qu’on se laisse complètement happer. A chaque épisode, on en découvre un peu plus sur son fonctionnement et sur le passé de certains personnages de sorte que la curiosité, piquée au vif, est constamment entretenue.

La grande force de la série est de ne jamais verser dans la science-fiction pure mais de faire le choix du réalisme en abordant des thèmes d’actualité comme le monde du travail, la discrimination ou la sexualité. Livrant une réflexion quasi-sociologique, Real Humans imagine comment l’existence des hubots pourrait nous amener à redéfinir la place de l’individu dans la société et notre propre humanité. Ce mélange des points de vue entre humains, hubots et humains qui ne le sont pas vraiment permet habilement d’éviter tout manichéisme. Et le futur dépeint n’est pas si fictif et lointain qu’il semble l’être. Avec la vitesse à laquelle évolue la technologie, iront-nous jusqu’à créer des machines à notre image ? Et après tout, les hubots ne sont-ils que de simples machines ou un peu plus que cela ? Dès lors, pouvons-nous leur faire subir ce que bon nous semble ?

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Les hubots, justement, sont l’une des réussites majeures de la série et les comédiens qui les incarnent, aidés par un mime pour adopter une gestuelle rigide, livrent une prestation remarquable. Avec leur visage de cire, presqu’inexpressif, et leurs grands yeux fixes, ils apparaissent comme notre propre reflet à travers un miroir déformant, ni tout à fait mécaniques, ni complètement humains et pourtant étrangement similaires. Dérangeant. Cette ambiguïté est à la base de la série et le terrain sur laquelle elle ne cessera d’évoluer.

Son succès est tel qu’un remake est en cours en Angleterre et que deux autres saisons vont suivre. Les fans peuvent être rassurés : Real Humans a encore de hubots jours devant elle.

Real Humans, de Lars Lundström avec Andreas Wilson, Lisette Pagler, Pia Halvorsen, Johan Paulsen … Suédois, anticipation. 10 épisodes.

Pour une critique de la saison 2 de Real Humans, c’est par ici.

Affiche Real humans

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