[Evénement] « Mon Premier Festival » … en tant que bénévole *

* L’événement c’est le festival, pas le fait que je sois bénévole… right ?

Mon-premier-festival-23-au-29-octobre-2013

En bonne accro à Twitter, je passe beaucoup (trop ?) de temps sur le site de micro-blogging. A défaut d’y dégoter des offres d’emplois qui valent le coup, on trouve parfois des propositions d’un autre genre, tout aussi intéressantes. C’est ainsi que je suis tombée sur l’annonce de Mon Premier Festival, alors à la recherche de bénévoles. Ni une, ni deux, j’envoie ma candidature – une expérience de bénévole, ça ne peut pas faire de mal sur un CV et ça peut permettre de récupérer des contacts (oui, je suis un être vil et intéressé). Miracle, celle-ci est acceptée dès le lendemain. Ca change de certains rédacteurs en chef qui ne répondent toujours pas après six relances… bref.

Mais Mon Premier Festival, c’est quoi ? C’est un festival de cinéma initié par la mairie de Paris et dédié au jeune public de 2 à 12 ans. Un festival pour les p’tits jeunes quoi. La 9° édition se tient pendant les vacances de la Toussaint du 23 au 29 octobre 2013 dans 12 salles de cinéma parisiennes. Et comme le hasard fait bien les choses, il s’agit également de mon premier festival, en tant que bénévole et cinéphile.

Préparation du festival :

Jour 1 – jeudi 10 octobre :

Avant de recevoir ces petites têtes blondes, il faut bien préparer tout ça. Le rendez-vous est donc fixé à 9h30 à la cinémathèque Robert Lynen (qui ?), dans le 17° arrondissement de Paris. Le bâtiment a beau être usé et décrépit, il n’en dégage pas moins un charme certain. Passée la lourde porte d’entrée, on pénètre dans un grand hall un peu froid, entièrement carrelé. Marine, responsable de l’organisation du festival, et deux autres bénévoles sont déjà là.

Après avoir été accueillie par un petit café, les choses sérieuses commencent, dans une ambiance conviviale. Il faut trier les cartes de fidélité qui seront distribuées aux spectateurs et les affiches du festival afin de les envoyer aux différentes salles partenaires. L’opération est répétée avec les programmes (livrés en retard, sinon c’est pas drôle). Et comme le bénévole fait aussi option manutentionnaire, c’est armés de nos petits bras musclés qu’il a fallu charger un camion avec la centaine de cartons contenant lesdits programmes.

La programmation de cette 9° édition est d’ailleurs assez incroyable et devrait combler petits et grands cinéphiles avec des films aussi variés que Moonrise Kingdom, La Belle et la Bête version Disney ou encore Les Enfants loups, Ame et Yuki. L’occasion de réviser ses classiques ou de rattraper certains films ratés lors de leur sortie en salles. Pour connaitre la programmation complète, c’est par ici. Cette matinée de travail s’achève avec un déjeuner « fait par qui? Par Picard » en compagnie de toute l’équipe dans les locaux de la cinémathèque avant que chacun reparte vaquer à ses occupations en début d’après-midi.

Jour 2 – vendredi 11 octobre :

C’est avec la même motivation et quelques courbatures en plus – les cartons de la veille, remember ? – que commence cette nouvelle journée, toujours à la cinémathèque. Cette fois, je suis seule avec Marine pour affronter la mission du jour : la livraison des goûters (Ah ça, ce ne sont pas les bénévoles du Festival de Cannes qui auraient de telles prérogatives… Quoi que, ça aurait pu être marrant de distribuer des goûters aux jurés de Spielberg …).

La livraison était prévue pour 10 heures. On l’attend toujours. Comme si les livreurs avaient érigé le retard en art de vivre. Malgré les appels incessants de Marine aux marques partenaires, impossible de savoir où est passé le camion. L’attente se poursuit dans le hall glacé. Les pizzas achetées à la va-vite pour le déjeuner font office de chauffage d’appoint.

Nous aurons finalement passé la matinée à sursauter à la moindre sonnerie de téléphone et à empêcher d’autres livreurs de se garer dans la zone de livraison. A 13h40, toujours personne. Car le bénévole, comme le stagiaire parfois, fait aussi plante verte. Pour ma part, je maîtrise le ficus. Finalement, c’est le départ. Et comme le bénévole sert aussi de coursier, un rapide détour par le 1er arrondissement et la station de métro Opéra s’impose pour apporter les programmes du festival aux journalistes chargés de le couvrir. J’aurai dû glisser ma carte de visite à l’intérieur …

Jour 3 – Mardi 22 octobre :

Le rendez-vous est fixé à 9h45 au Forum des Images, dans les Halles, pour la préparation des sacs festivals. A mon arrivée, toutes les bénévoles sont réunies dans une pièce au centre de laquelle se trouve une grande table. Je rencontre enfin le reste de l’équipe de Mon Premier Festival.

Puis, place aux choses sérieuses : les bénévoles se répartissent autour de la table et le travail à la chaîne commence. Chaque bénévole doit mettre un élément dans un sac et le passer à sa voisine : programme du festival, affiche du film Belle et Sébastien qui fait l’ouverture du festival, ballons, cadeau Lego… Et ce sont plus de 500 sacs qu’il faut ainsi remplir avec cette sensation étrange que Chaplin s’est penché sur notre épaule, dans une réinterprétation des Temps Modernes.

Chaplin

Avant de partir, je repère la salle dans laquelle se tiendra le point presse du lendemain puisque je serai chargée de le tenir avec une autre bénévole. Nous y amenons nappes, boissons et cafetière pour que tout soit à la disposition des journalistes présents sur le festival. Nous accrochons également l’affiche du festival et celle de Belle et Sébastien dans la salle de presse. J’ai profité d’une petite période de répit pour visiter le Forum des Images puisque c’était la première fois que j’y mettais les pieds… (oui je sais :D).

Je suis finalement partie à 13 heures car j’avais une interview à faire et une pige à finir pour le soir même. Bref, la journée fut relativement sportive.

Pendant le festival :

 Jour 4 – Mercredi 23 octobre – Ouverture du festival :

9h30. De retour au Forum des Images. A peine arrivée, le travail à la chaîne reprend. Avec deux autres bénévoles, nous préparons les nombreux ballons destinés à garnir les arbres à ballons qui décoreront le hall du Forum. Tandis que l’une les gonfle à l’aide d’un gonfleur électrique, l’autre les noue avec un fermoir en plastique et la troisième y plante la tige qui servira à fixer les ballons. Tout est réglé comme du papier à musique. La grande table centrale de la salle de réunion est ensevelie sous des ballons bleus, un spectacle que Carl Fredricksen, le vieillard aventurier du film Là-haut, aurait certainement apprécié.

La-haut 3

J’aménage ensuite le point presse avec une autre bénévole : disposition des programmes sur les tables, installation des gâteaux et boissons…  Nous avons ensuite aidé à répartir des bonbons Haribo dans différents petits sachets qui seront distribués aux enfants.

13h30. Après avoir avalé un rapide déjeuner à la cafétéria du Forum, il est temps de s’installer au point presse. Quelques journalistes et l’équipe du film Belle et Sébastien sont déjà présents. Et c’est parti pour 1h30 passée à servir à boire à tout ce petit monde. Une position finalement assez frustrante car à peine saluée par quelques regards et dominée par la désagréable impression de tenir la chandelle, réveillant au passage quelques douloureux souvenirs de stages.

Enfin à 15 heures, tout le monde gagne une salle du Forum pour la cérémonie d’ouverture du Festival. La projection en avant-première de Belle et Sébastien est précédée d’un petit speech de Cédric Kahn, le parrain du Festival, de Nicolas Vanier, Tchéky Karyo et Margaux Chatelier, respectivement réalisateur et interprètes principaux du film. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, y est aussi allé de sa petite apparition.

Belle et Sébastien

Mais pas question de rester pour regarder le film. Pendant la projection, l’équipe est loin de se tourner les pouces car il faut mettre en place un nouveau stand. J’ai ainsi démonté l’espace presse seule, débarrassant cartons et machine à café avec mes petits bras musclés.

Après la projection et un petit détour au coin goûter, les enfants viennent récupérer les sacs festivals préparés la veille. C’est aussi l’occasion de recueillir leurs impressions sur le film. Et, magie des festivals (et du cinéma), c’est ainsi que l’on voit arriver une maman émue aux larmes parce que Belle et Sébastien lui a rappelé des souvenirs d’enfance. La distribution des sacs permet aussi de voir les ruses et l’avarice des gens cherchant à grappiller des cadeaux supplémentaires pour le petit frère ou la petite cousine qui, comme par hasard, n’ont pas pu venir… Sans compter les visiteurs des Halles qui, intrigués par ce mouvement de foule, pénètrent dans le Forum pour chourer quelques sacs au passage…

Après avoir aidé à ranger, à 18h30, c’est la fin de cette grosse journée. Une journée étrange car enfermée dans le Forum, sans montre, ni horloge, on n’a aucune notion de l’heure et du temps qui passe.

Jour 5 – Jeudi 24 octobre :

Pour cette deuxième journée du festival, on m’a « posté » au Cinéma des Cinéastes. J’arrive à 9h30, en avance donc, pour une fois. Je suis la première bénévole, l’équipe du cinéma teste encore les alarmes incendie pendant que petit à petit, les premiers spectateurs commencent à se masser à la porte.

Enfin à 10 heures tapantes, le public peut gagner la caisse. Une spectatrice, apprenant que la foule présente va voir le même film qu’elle, prend ses jambes à son cou. Ma mission du moment : tamponner les cartes de fidélité des spectateurs de Mon Premier Festival. Elsa, membre de l’équipe du festival, arrive à son tour.

C’est Jour de fête de Jacques Tati qui est projeté ce matin là. La séance est précédée d’un ciné-concert : un orchestre de 4 bassistes rejoue ainsi des thèmes de films que les spectateurs doivent identifier. Les cinéphiles reconnaissent les thèmes d’Indiana Jones, Star Wars ou encore Pirates des Caraïbes. Ce mini-concert est salué par un tonnerre d’applaudissements.

J’ai pu rester pour voir le film – qui était d’ailleurs le premier Tati que je découvrais (oui je sais, c’est mal…). Et je dois l’admettre, si les séances avec des enfants peuvent être un vrai cauchemar, ici c’était vraiment génial d’entendre petits et grands se marrer devant les mésaventures de ce facteur maladroit. Je suis rentrée chez moi à la fin de la séance à 12h30 après une matinée où, objectivement, je n’ai pas servi à grand-chose.

Jour de fête

L’après-midi, c’est dans un autre cinéma, au Majestic Bastille, que les choses se passent. A mon arrivée, la foule attend déjà dans les escaliers pour la projection de Chicken Run, à 16 heures. La séance est complète. Pendant le film, nous nous installons avec trois autres bénévoles par terre dans la cabine de la caisse pour confectionner des poules en pâte à modeler qui serviront de modèles aux enfants… Oui, oui. Et contrairement aux apparences, ce n’est pas si facile qu’on le croit.

Après la projection, un atelier pâte à modeler est mis en place dans la salle. Tous les enfants sont groupés autour de trois tables, chacun faisant de son mieux pour faire la plus belle des poules qu’il a ensuite pu ramener chez lui. J’avoue m’être sentie un peu paumée au milieu de tous ces bambins et je reconnais que cet après-midi pâte à modeler ne me laissera pas un souvenir impérissable mais bon, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour rajouter une ligne à son CV… Car oui, rappelez-vous, je suis un être vil et intéressé.

Jour 6 – Lundi 28 octobre :

Retour au Majestic Bastille pour la séance de L’apprenti Père Noël et le flocon magique  à 14h15. Le film de Luc Vinciguerra est présenté en avant-première et ne sortira que le 20 novembre.

Arrivée à 13h50, j’aide les spectateurs à se placer dans la salle, en veillant à ce que les groupes et les familles n’empiètent pas sur les places réservées, et distribue des rehausseurs aux enfants. Là encore, la séance est complète.

Pendant le film, les bénévoles et l’équipe du cinéma patientent dans le hall avec un petit café acheté au McDo d’à côté. Après la projection, les spectateurs ont droit à une séance de questions-réponses avec le réalisateur pendant une quinzaine de minutes. Parmi les interrogations des enfants, on peut notamment relever : « Pourquoi le film n’est pas en 3D ? » (sic), ou encore « Qu’est-ce que vous avez fait comme autre film ? » – (non, mais, ça te regarde, jeune effronté ?).

Après cela, je dirige le public vers la sortie tout en distribuant aux spectateurs les bulletins de vote destinés à savoir s’ils ont ou non aimé le film. Au départ un peu dépassée par cette foule qui se précipite soudainement vers moi, je finis par gérer le flux. Et après avoir rapidement remis un peu d’ordre dans la salle, les bénévoles repartent vaquer à leurs occupations.

L'apprenti Père Noël

Jour 7 – Mardi 29 octobre – Clôture du Festival :

12h00. Retour au Cinéma des Cinéastes. Pour cette dernière journée, rebelote : il faut à nouveau gonfler une centaine de ballons pour garnir ces foutus arbres à ballons !! Puis, les bénévoles préparent les sacs festivals avec affiches, ballons et tout le tintouin, sauf que cette fois, il faut tout faire en moins de 3 heures, avant l’arrivée du public. Je dois en même temps gérer les appels d’une journaliste du magazine auquel j’ai récemment vendu une pige. Bref, le bordel…

Une fois la mise en place terminée, j’aide une nouvelle fois le public à se placer dans la salle et distribue des rehausseurs aux petits, tout en empêchant les plus turbulents de se taper dessus avec. Avant la séance, une maman excédée par le remue-ménage ambiant et le brouhaha général se lève en hurlant : « C’est pas possible ! Vous avez la chance d’assister à quelque chose d’exceptionnel. Est-ce que ça serait possible d’avoir un peu de calme ? ».Une supplique saluée par les applaudissements de quelques parents.

A 15h15, la cérémonie de clôture démarre avec un petit speech des enfants du jury et de Luc Vinciguerra, lauréat du Grand Prix avec son film « L’apprenti Père Noël et le flocon magique ». La cérémonie se poursuit avec un ciné-concert donné par un orchestre de 20 musiciens. Pour avoir le plus d’interactivité possible avec le public, le chef d’orchestre joue avec la salle en lui faisant découvrir les sons des différents instruments. L’orchestre joue ensuite en live pendant la diffusion de six courts-métrages réalisés par les étudiants de plusieurs écoles d’animation.

Après la séance, place au traditionnel goûter. Les enfants peuvent repartir avec les ballons servant à décorer le cinéma. Pour les bénévoles, mission accomplie ! Mais avant de savourer un repos bien mérité, il faut encore ranger le lieu, défaire les arbres à ballons, débarrasser les goûters et les tables.

Une fois le gros du travail effectué, direction la Cinémathèque Robert Lynen, là où tout a commencé, pour la soirée de clôture. Sur place, j’aide à mettre en place le buffet. Dans une ambiance conviviale, bénévoles et personnel des différents cinémas partagent verres et casse-croûte.

Bilan : cette première expérience de bénévolat fut sans doute une des expériences les plus enrichissantes de ma vie- oui, rien que ça. J’ai eu l’impression de me sentir utile et de participer à quelque chose d’important. Et puis, évoluer aux côtés de personnes passionnées par la même chose, c’est quand même un sentiment unique. A refaire sans hésitation !

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