[Critique] Coup de cœur – Last days of summer

Affiche Last Days of summer

« Un quasi huis-clos lumineux sur le retour à la vie »

Kate Winslet et Josh Brolin. Ce nouveau couple de cinéma, né dans « Last days of summer » devant la caméra de Jason Reitman, apparaît comme une telle évidence qu’il est étonnant qu’aucun réalisateur ne les aient réunis à l’écran auparavant. Dans des rôles peu bavards, leur seule présence parvient à imprégner la pellicule tant elle contient de force et de puissance. Leurs regards, leurs attitudes suffisent à exprimer ce que les mots ne sauraient dire et à partager une douleur que l’on sent traînée depuis trop longtemps. En adaptant « Long week-end », le roman de Joyce Maynard, Jason Reitman donne assurément aux comédiens l’un de leur plus beau rôle. Il signe également un film lumineux et bouleversant, profondément humain, qui parle des gens et de leurs tragédies. A l’image d' »Alabama Monroe« , « Last days of summer » met en scène avec une grande justesse des individus vrais, sans fards, marqués par des drames et abîmés par la vie. Parce que les plus beaux personnages sont souvent ceux qui ont les plus grandes fêlures. Adele a peur de tout et, effrayée par le monde extérieur, elle a fini par s’en couper. Frank est un meurtrier qui cherche à échapper aux forces de l’ordre. Du cinéma vrai, qui fait mal, comme la vie, qui bouleverse et répare, comme la vie. Pas d’effets superflus ou de pathos inutilement appuyé; juste les gens, juste l’humain, le tout animé par une féroce pulsion vitale.

Last days of summer 1

« Last days of summer » utilise le prétexte d’une prise d’otages pour raconter l’histoire d’une reconstruction mutuelle. Petit à petit, on assiste à la renaissance de ces êtres à mesure qu’ils se rapprochent et exorcisent leurs démons. Eclairée par des flashbacks levant progressivement le voile sur leur situation, celle-ci n’en est que plus poignante. La scène de la cuisine de la tarte, d’une incroyable sensualité, est la parfaite illustration de cette relation si particulière, quand les barrières dressées au fil du temps finissent par s’effondrer sous le poids des sentiments contenus. L’émotion prend alors à la gorge et submerge tout. Si le film est un quasi huis-clos, on n’a pourtant jamais l’impression d’en être prisonnier. Parce qu’Adele, le personnage incarné par Kate Winslet, va paradoxalement s’ouvrir et revenir à la vie à travers cette séquestration qui n’en est pas vraiment une – contrairement à celle qu’elle s’imposait au départ, quand, clouée au lit par sa dépression, elle s’était repliée sur elle-même. Aucun syndrome de Stockholm ici, à aucun moment cette relation n’est entachée par une quelconque dimension malsaine. Le personnage de Josh Brolin n’est jamais menaçant. Au contraire : incarnation d’une figure masculine qui faisait cruellement défaut à ce duo mère-fils, repère rassurant et protecteur, Frank « réparera » Adele et son fils en prenant le temps de les voir et se réconciliera à leur contact avec son propre passé. Soulagé de cette crainte latente, on peut alors se laisser toucher par la violence et l’intensité du récit, dont on sortira à la fois nourri et complètement vidé.

Last days of summer 2

Last days of summer, de Jason Reitman avec Kate Winslet, Josh Brolin, Gattlin Griffith, Tobey Maguire… Drame, Américain. 1h51.

Résumé Allociné : Lors du dernier week-end de l’été, Frank, un détenu évadé, condamné pour meurtre, oblige Adèle et son fils Henry à le cacher chez eux.
Très vite, la relation entre le ravisseur et la jeune femme prend une tournure inattendue. Pendant ces quatre jours, ils vont révéler de lourds secrets et réapprendre à aimer…

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