[Critique série] Coup de cœur : Real Humans – saison 2

Affiche real humans

« Le soulèvement des machines »

« Je suis un enfant de David. Jamais nous ne mourrons. Nous dominerons cette terre ». La sentence fait froid dans le dos et marque ouvertement le début de l’affrontement entre hubots libres et humains, définitivement au cœur de cette saison 2 de Real Humans. Six mois ont passé depuis les évènements de la première saison. Désormais, Béa, à la tête des enfants de David, n’a qu’une idée en tête : retrouver le code de son créateur, un code qui permettra d’affranchir les hubots de toute domination humaine. Dans cette seconde saison, tout ce qui faisait l’intérêt et l’étrange singularité de la série d’anticipation suédoise se trouve démultiplié et Real Humans exerce toujours la même fascination, tant l’avenir dépeint semble proche et plausible. Bien consciente de l’infini potentiel de son sujet, la série ne se fixe aucune limite, aussi bien en ce qui concerne la richesse des sujets brassés que l’importance accordée aux détails – un hubot a ainsi les moyens de faire une tentative de suicide. Plus que jamais, le thème de l’identité est au centre des préoccupations. Déjà abordé dans la première saison, la frontière entre les genres se fait de plus en plus floue. Ultra-nuancée, la série s’attache à présenter tous les points de vue. Après les hubots qui se font passer pour des humains, on est désormais confronté à des humains qui s’amusent à se grimer en hubots.

Real Humans 1

L’ambiguïté qui caractérise la série repose toujours sur l’incroyable prestation des comédiens incarnant lesdites machines, Alexander Stocks (Odi) et Johannes Kuhnke (Rick) en tête. Leur jeu est si particulier qu’on ne voit plus les acteurs derrière les personnages. L’impression d’être face à de vrais automates achève de brouiller la définition que l’on se faisait de la notion d’identité et met le spectateur dans une position délicate en le renvoyant à sa propre conception de « l’autre ». Mieux, cette saison 2 va plus loin en plaçant le concept de transhumanisme au cœur de l’intrigue, embarquant le public toujours plus avant en déclinant les applications d’une technologie en permanente évolution. Real Humans aborde désormais les thèmes du clonage et de la vie après la mort grâce à la réincarnation d’un esprit humain dans un hubot clone, avec la possibilité de « transplanter » son âme, ses pensées et ses souvenirs dans un corps qui échapperait aux ravages du temps. La technologie au service de la quête de l’immortalité : la représentation est à la fois fascinante et terrifiante.

Real Humans 2

Intelligemment métaphysique, Real Humans est aussi terriblement concrète. Métaphysique d’abord car tout l’enjeu de cette saison 2 tourne autour du code créé par David Eischer, un code qui permettrait de rendre tous les hubots totalement indépendants, aussi « humains » que les humains. Et forcément, les hubots libres ont des désirs bien compréhensibles. C’est notamment le cas de Flash qui ne rêve que d’une chose : tomber amoureuse et avoir un enfant. Bref, changer de condition, telle une petite sirène qui rêve de gagner le monde des hommes. C’est sur ce terrain que la série s’implante dans le concret avec des thèmes relatifs au mariage mixte, à l’intégration, à l’acceptation de l’autre et de sa différence. Un hubot peut-il adopter et élever seul un enfant ? Peut-il avoir les mêmes droits qu’un humain ? Mais si c’est le cas, cela signifie qu’il doit aussi avoir les mêmes devoirs et se soumettre aux mêmes lois. Autant d’interrogations abordées au cours d’un final particulièrement éprouvant, tant il cristallise ce qui fait l’essence même de Real Humans, et à l’issue duquel les cartes seront totalement redistribuées. La série suédoise reste l’une des œuvres les plus ambitieuses et les plus intelligentes vues depuis longtemps et la preuve que l’on peut définitivement faire rimer réflexion et divertissement, à condition de bien vouloir s’en donner la peine.

Real Humans 3

Real Humans, de Lars Lundström avec Andreas Wilson, Lisette Pagler, Pia Halvorsen, Johan Paulsen … Suédois, anticipation. 10 épisodes.

Pour la critique de la saison 1 de Real Humans, c’est par ici.

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Note à Béné

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