[Critique] Coup de cœur – Le Rôle de ma vie

Affiche Le Rôle de ma vie

« Une rêverie poétique, pleine de tendresse et d’humanité »

L’intention qui anime un film est sans doute un des éléments essentiels de son appréciation. Elle est en tout cas incontournable en ce qui concerne le deuxième long-métrage de Zach Braff, tant celui-ci déborde d’une évidente sincérité. Il faut dire que le parcours du Rôle de ma vie a été marqué dès le départ par ce même sentiment puisque le projet a vu le jour grâce au financement des internautes via le site Kickstarter. Et Zach Braff le rend bien à ceux qui ont cru en lui. Le réalisateur signe ainsi une véritable pépite, complètement loufoque sur la forme et bouleversante sur le fond. Avec beaucoup de force et une vraie générosité, il livre un film à la fois drôle et émouvant sur le courage d’être soi, de croire en ses rêves et de ne pas les lâcher quoi qu’il en coûte. Profondément libérateur, le discours sur l’importance accordée à nos aspirations profondes bouleverse car il fait écho à ce qu’il y a de plus viscéral en chacun de nous, à savoir se battre pour ce que l’on veut et ce en quoi on croit. Le message du film résonne alors avec d’autant plus de force : quelle importance d’être différent, de ne pas être dans la norme ? Tant mieux même. L’originalité est salutaire. Vaut-il mieux, comme Sarah (Kate Hudson) étouffer dans un open-space (terrible paradoxe) froid et sans âme ou, comme Noah (Josh Gade), s’épanouir dans l’atmosphère atypique du Comic-Con ?

Le Rôle de ma vie 1

Bien qu’un peu plus grave, Le Rôle de ma vie est emmené par le même grain de folie que La Vie rêvée de Walter Mitty et a le même effet « feel-good ». Dans les deux cas, la rêverie n’est jamais loin et le fantasme peut à tout moment prendre le pas sur la réalité. Véritable récit initiatique, le film prend presque la forme d’un conte. Il s’ouvre d’ailleurs sur une course-poursuite dans les bois entre un chevalier et une créature mystérieuse que l’on croirait sortis de l’imagination des frères Grimm, version Métal Hurlant. Après un petit temps de flottement, parce qu’on peine à cerner où le réalisateur veut en venir, le charme et l’ambiance si particulière du film finissent par opérer totalement. Le ressenti est tellement intense sur le moment que les mots semblent terriblement artificiels après coup. Animée par une certaine urgence, l’histoire se vit sur l’instant et fait un bien fou. Et l’écriture des personnages n’est pas étrangère à ce sentiment.

Le rôle de ma vie 2

Au fur et à mesure que Zach Braff déroule son récit, on réalise que ces êtres que l’on croyait complètement barrés ne le sont finalement pas tant que ça. Ils apparaissent même bien plus vrais, et sincères que la plupart de ceux qu’on peut voir à la télévision ou dans les reportages censés rapporter la réalité. Des personnages qui se cherchent, doutent, chutent, avec leurs émotions et leur vécu, face à des passages obligés de la vie comme la nécessité de faire face à ses responsabilités ou d’affronter la mort de ses parents. Ils sont à l’image du film, à la fois surréalistes et bien réels. Pierce Gagnon – vu aux côtés de Joseph Gordon-Levitt dans Looper -, Jim Parsons, Mandy Patinkin, Joey King ou encore Kate Hudson, chacun des membres du casting est particulièrement attachant et contribue à composer la plus émouvante des partitions. Tout aussi touchant, Zach Braff parvient, sans lourdeur, à dire des choses essentielles sur l’importance de la famille et d’être là pour les siens. C’est à ce niveau aussi que transparaît l’immense sincérité de l’acteur-réalisateur, à travers un film débordant de tendresse et d’humanité. Dommage toutefois que son empreinte ne soit qu’éphémère car c’est le problème avec les rêveries. Passé le plaisir immédiat, au réveil, on n’en garde qu’un vague souvenir. A l’enthousiasme de la vision succède alors la frustration d’une image diffuse et embrumée… mais que l’on sait avoir existé.

Le rôle de ma vie 3

Le Rôle de ma vie, de et avec Zach Braff, Kate Hudson, Mandy Patinkin, Joey King, Pierce Gagnon, Josh Gad, Jim Parsons… Comédie, drame. Américain. 1h47.

Résumé Allociné :
Pour sauver son couple, renouer avec son frère et rassembler toute sa famille autour de son père qui vient de tomber malade, Aidan devra tour à tour changer de mode de vie, délaisser son rêve de comédien et partir à l’aventure de la vie d’adulte. Entre Los Angeles, le désert californien et ses propres rêves, saura-t-il trouver le véritable rôle de sa vie ?

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