[Critique] Horns

Affiche Horns

« Un conte noir et envoûtant emmené par un Daniel Radcliffe en grande forme »

Amusant de relever les connexions qui parcourent parfois une même filmographie. Daniel Radcliffe n’y échappe pas. Sans tomber dans les rapprochements simplistes et capillotractés, difficile de passer à côté des réminiscences potteriennes présentes dans Horns. Chez Alexandre Aja, le comédien communique une nouvelle fois avec les serpents et son front arbore un autre stigmate : la cicatrice en éclair a cédé la place à une paire de cornes. On voit les similitudes là où on le veut bien… Mais les références à Harry Potter s’arrêtent là car Daniel Radcliffe a définitivement tourné la page du sorcier à lunettes. Dans un rôle solide, mâture et particulièrement nuancé, la performance que livre le comédien est clairement la surprise du film. Tour à tour touchant ou menaçant, il excelle à la fois dans le comique et le dramatique, et montre toute l’étendue de sa palette de jeu avec ce personnage de démon vengeur.

Horns 1

Si Horns fonctionne aussi bien, c’est justement parce que le film mêle les registres et les genres à la perfection, naviguant entre l’histoire d’amour, le film policier et le récit fantastique. Parcouru par une dualité permanente, il est aussi marqué par une vraie liberté de ton, alternant entre noirceur totale et drôlerie réjouissante. Le procédé peut dérouter mais fait mouche à tous les coups car il amène à chaque fois le film dans une direction inattendue. Le pouvoir que reçoit le héros, celui de faire avouer à quiconque ses désirs les plus secrets, est prétexte à des scènes jubilatoires et décomplexées, en même temps qu’il met en avant les travers d’une société malade.

Horns 2

Alexandre Aja est pourtant loin de se contenter de cette alchimie réussie. En adaptant le roman éponyme de Joe Hill, fils de Stephen King, le réalisateur signe surtout un vrai conte noir à l’atmosphère envoûtante, charriant ses symboles et sa mythologie démoniaque pour embarquer le spectateur dans un trip esthétiquement soigné et maîtrisé. Le tout, associé à une bande-originale résolument rock’n’roll, convoquant David Bowie, Marilyn Manson, Fever Ray ou les Pixies, contribue à forger un film à l’originalité affirmée sur lequel plane un désespoir déchirant. Un peu longuet, Horns aurait sans doute gagné en force avec quelques minutes en moins, mais inutile de tenter le Diable… Son charme vénéneux opère et se diffuse encore longtemps après son dénouement.

Horns 4

Horns, d’Alexandre Aja, avec Daniel Radcliffe, Juno Temple, Max Minghella, Joe Anderson, Kelli Garner… Drame, fantastique. Américain. 1h59. Interdit aux moins de 12 ans.

Résumé Allociné :
Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…

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Note à Béné

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