[Critique] Dracula Untold

Affiche Dracula Untold

« Un retour mordant aux origines du mythe »

De Bela Lugosi à Gary Oldman, en passant par Christopher Lee et Leslie Nielsen, les incarnations de Dracula au cinéma sont légion. Si les films ont toujours présenté le personnage de Bram Stoker comme le vampire que l’on connaît, peu se sont attachés à dépeindre la naissance du mythe, comment le prince Vlad III de Valachie est devenu le Comte Dracula, la partie « untold » de l’histoire. C’est sur cette alléchante promesse que repose cette nouvelle variation autour du célèbre buveur de sang, une lecture qui ne se présente donc pas comme un film de vampire à proprement parler.

Dracula 1

Pour sa première réalisation, Gary Shore s’en tire plutôt très bien. Son Dracula Untold s’impose comme un solide divertissement, visuellement impressionnant – les effets spéciaux, tout comme la « reconstitution » historique, contribuent à la mise en place d’une esthétique soignée – et doté d’un point de vue véritablement original. Pour lui, Vlad est devenu un vampire afin d’acquérir les pouvoirs qui lui permettraient de sauver son peuple de l’invasion turque. L’idée intrigue et alors qu’on s’attendait à un énième blockbuster fantastique un peu bête, on se surprend à être véritablement happé par l’histoire. Il faut dire qu’au second degré façon Van Helsing, le réalisateur a préféré un traitement épique et romantique, qui élève le film au dessus des autres productions du genre.

Dracula oui

Même si elle ne gâche en rien le plaisir pris devant le film, une réserve est toutefois à signaler. En dépit (ou peut-être à cause) de l’excellente prestation de Luke Evans, à aucun moment on n’a le sentiment d’assister à la naissance de Dracula. Le vampire de l’histoire se rapproche plus d’un vampire lambda, à tel point que le film aurait aussi bien pu s’appeler Lestat Untold (mais l’allitération n’est pas terrible) ou Edward Cullen Untold (mais ça n’aurait eu aucun intérêt…). Un décalage peut-être dû au fait que le personnage de Vlad n’est pas assez caractérisé. Ainsi, toute sa cruauté et notamment son penchant pour l’empalement, qui lui vaudra son surnom de « L’Empaleur », n’est évoquée qu’en filigrane.

Dracula ok

Gary Shore a choisi de présenter son personnage comme un valeureux chevalier blanc prêt à tous les sacrifices pour son peuple plutôt que comme celui qui deviendra un monstre sanguinaire. La projection n’est de ce fait pas évidente mais on finit par s’en accommoder. Malgré cette petite tromperie sur la marchandise, Dracula Untold s’avère être une véritable surprise. Pas un nanar, certainement pas un plaisir coupable, mais un divertissement diablement efficace et pas déshonorant pour un sou (à part peut-être en ce qui concerne l’improbable accent turc de Dominic Cooper…).

Dracula Untold, de Gary Shore, avec Luke Evans, Sarah Gadon, Dominic Cooper, Charles Dance… Américain. Action, fantastique. 1h32.

Résumé Allociné : L’histoire débute en 1462. La Transylvanie vit une période de calme relatif sous le règne du prince Vlad III de Valachie et de son épouse bien-aimée Mirena. Ensemble, ils ont négocié la paix et la protection de leur peuple avec le puissant Empire ottoman dont la domination ne cesse de s’étendre en Europe de l’Est. Mais quand le sultan Mehmet II demande que 1000 jeunes hommes de Valachie, dont le propre fils de Vlad, Ingeras, soient arrachés à leur famille pour venir grossir les rangs de l’armée turque, le prince doit faire un choix : abandonner son fils au sultan, comme son père l’a fait avant lui, ou faire appel à une créature obscure pour combattre les Turcs et par là même assujettir son âme à la servitude éternelle. Vlad se rend au pic de la Dent Brisée où il rencontre un abject démon et conclut un accord faustien avec lui : il acquerra la force de 100 hommes, la rapidité d’une étoile filante et les pouvoirs nécessaires pour anéantir ses ennemis, en l’échange de quoi, il sera accablé d’une insatiable soif de sang humain. S’il parvient à y résister pendant trois jours, Vlad redeviendra lui-même, et sera à même de continuer à protéger et gouverner son peuple, mais s’il cède à la tentation, il entrera le monde des ténèbres pour le restant de ses jours, condamné à se nourrir de sang humain et à perdre et détruire tout ce et ceux qui lui sont chers.

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